De tous les enfants du Prophète ﷺ, l'un est retenu avec une dévotion qui traverse toute division ultérieure dans le monde musulman : Fatimah bint Muhammad, sa plus jeune fille, qu'il appelait une partie de lui-même.
« Fatimah est une partie de moi »
Fatimah naquit à La Mecque du Prophète ﷺ et de Khadijah — voir Khadijah bint Khuwaylid — quelques années avant le début de la révélation, et elle resta proche de son père ﷺ pour le reste de sa vie. Il parla du lien entre eux en des termes qu'aucun autre compagnon ne reçut :
The Prophet ﷺ said, "Fatimah is a part of me, and whoever makes her angry, makes me angry." (anglais)
— Sahih al-Bukhari 3767 (anglais)1
Cette proximité était visible tout au long de sa vie. Les récits biographiques traditionnels décrivent comment, chaque fois que Fatimah venait lui rendre visite, le Prophète ﷺ se levait pour l'accueillir, la faisait asseoir à sa propre place, et la traitait avec une chaleur que les musulmans citent encore comme le modèle de la manière dont un père devrait honorer sa fille.456
La fille qui défendit son père
Jeune fille à La Mecque, Fatimah fut témoin de l'hostilité dirigée contre son père ﷺ durant les années les plus précoces et les plus dangereuses de sa prédication. Les récits traditionnels rapportent qu'à une occasion, quand des chefs de Quraysh jetèrent les entrailles d'un animal égorgé sur le Prophète ﷺ pendant qu'il priait à la Kaaba, ce fut la jeune Fatimah qui accourut nettoyer les immondices de son dos et confronta les responsables, sans se laisser intimider par leur rang dans la ville.456 C'est l'un des premiers signes du courage et de la loyauté pour lesquels on se souviendrait d'elle tout au long de sa vie. Pour le contexte plus large de la persécution de Quraysh contre le Prophète ﷺ et les premiers musulmans, voir La vie du Prophète ﷺ.
Mariage avec Ali et un foyer de simplicité
À Médine, Fatimah épousa Ali ibn Abi Talib, le cousin du Prophète ﷺ — sa propre histoire est racontée dans Ali ibn Abi Talib. Leur foyer était matériellement simple même selon les normes de Médine à cette époque, et les récits traditionnels décrivent constamment Fatimah accomplissant elle-même le dur travail physique du foyer, de la mouture du grain au portage de l'eau, sans se plaindre. Une fois, trouvant le labeur épuisant, elle demanda à son père ﷺ un serviteur pour l'aider ; il lui enseigna à la place, à elle et à Ali, une formule d'évocation à dire avant de dormir — trente-trois répétitions chacune de « Subhan Allah » et « Alhamdulillah », et trente-quatre de « Allahu Akbar » — leur disant que c'était meilleur pour eux qu'un serviteur. Cette pratique est encore connue aujourd'hui comme le Tasbih de Fatimah.
Ali reported that Fatimah went to the Prophet ﷺ asking for a servant. He said, "Shall I not direct you to something better than that for which you asked me? When you go to your bed, say 'Subhan Allah' thirty-three times, 'Alhamdulillah' thirty-three times, and 'Allahu Akbar' thirty-four times, for that is better for you both than a servant." (anglais)
— Sahih al-Bukhari 5361 (anglais)3
Le contentement du couple avec peu est retenu comme un modèle de simplicité plutôt que de difficulté.456
Mère de Hasan et Husayn
Fatimah et Ali eurent plusieurs enfants ensemble, notamment Hasan et Husayn, dont les descendants — vénérés à travers le monde musulman comme la lignée directe du Prophète ﷺ — portèrent la lignée familiale en avant. Le Prophète ﷺ chérissait ses deux petits-fils et fut souvent vu les portant en public et à la prière, une proximité largement consignée dans la tradition biographique.456
Maîtresse des femmes du paradis
Parmi les honneurs que le Prophète ﷺ accorda à Fatimah de son vivant figure la nouvelle du rang qu'elle occuperait dans la vie future. Aisha rapporta que le Prophète ﷺ confia un jour quelque chose à Fatimah qui la fit pleurer, puis quelque chose d'autre qui la fit rire ; interrogée à ce sujet par la suite, Fatimah expliqua :
She said: "The Prophet ﷺ told me that Gabriel used to revise the Qur'an with him once a year, but that he had done so twice that year, and he said, 'I think this means my time has come, and you will be the first of my family to follow me, and what an excellent predecessor I am for you.' So I wept. Then he said, 'Won't you be pleased to be the chief of the believing women,' or 'the chief of the women of this nation?' So I laughed." (anglais)
— Sahih al-Bukhari 3624 (anglais)2
La première à le suivre dans la mort
Le Prophète ﷺ mourut à Médine en 632 apr. J.-C., et sa prédiction à Fatimah se vérifia : elle mourut dans les six mois environ suivant son père ﷺ, encore endeuillée par sa perte, et est retenue comme le premier membre de son foyer à le rejoindre. Elle fut enterrée à Médine, bien que l'emplacement précis de sa tombe fût, selon son propre souhait, délibérément laissé non marqué.456
Vénérée à travers le monde musulman
Peu de figures de l'histoire islamique suscitent la dévotion partagée que suscite Fatimah. Sunnites et chiites l'honorent également comme la fille bien-aimée du Prophète ﷺ, l'épouse d'Ali, la mère de Hasan et Husayn, et un modèle de patience, de piété et de dignité. Les différends ultérieurs touchant au premier califat sont traités ailleurs, y compris dans L'islam sunnite et chiite ; cet article garde son attention sur la vie pour laquelle elle est honorée par les musulmans de toute tradition, sans s'aventurer dans ces différends.456
En résumé
La vie de Fatimah bint Muhammad est retenue moins pour une réalisation unique que pour la somme de ce qu'elle était : une fille dévouée, une épouse constante, une mère patiente, et — dans les propres mots du Prophète ﷺ — une partie de lui-même. Son histoire achève l'arc qui commença avec Khadijah bint Khuwaylid et se poursuivit avec Aisha bint Abi Bakr, trois femmes dont les vies façonnèrent le foyer du Prophète ﷺ et la première communauté musulmane autour de lui.