Al-Mutaffifin, « Les Fraudeurs », est la quatre-vingt-troisième sourate — 36 versets.1 Elle est classée comme mecquoise dans le Mushaf standard, mais Ibn 'Abbas rapporta que, lorsque le Prophète ﷺ vint à Médine, ses habitants (en anglais, dans le texte de la source) "were the worst people in weights and measures," et qu'après la révélation de son ouverture "they were fair in weights and measures after that."6
De quoi il s'agit
La sourate commence par une injustice de tous les jours : « Malheur aux fraudeurs », « qui, lorsqu’ils font mesurer pour eux-mêmes exigent la pleine mesure », « et qui lorsqu’eux-mêmes mesurent ou pèsent pour les autres, [leur] causent perte ». L'erreur du tricheur est d'oublier qu'il devra rendre des comptes : « Ceux-là ne pensent-ils pas qu’ils seront ressuscités », « en un jour terrible », « le jour où les gens se tiendront debout devant le Seigneur de l’Univers ? »2
Elle oppose ensuite deux livres. « le livre des libertins sera dans le Sijjîn », « un livre déjà cacheté (achevé) ». Ceux qui disent, à l'écoute de Nos versets : « [Ce sont] des contes d’anciens ! » reçoivent ce diagnostic : « Pas du tout, mais ce qu’ils ont accompli couvre leurs cœurs », et : « En vérité ce jour-là un voile les empêchera de voir leur Seigneur ».3 Par contraste, « Le livre des bons sera dans 'Illiyûn », dont « Les rapprochés (d’Allah : les Anges) en témoignent ». Ils sont installés « sur les divans » et « ils regardent » ; l'on reconnaît sur leurs visages « l’éclat de la félicité » ; on leur sert « à boire un nectar pur, cacheté » : « Que ceux qui la convoitent entrent en compétition [pour l’acquérir] ».4
La sourate s'achève en renversant les scènes de La Mecque. « Les criminels riaient de ceux qui croyaient », « ils se faisaient des œillades » ; la situation s'inverse : « Aujourd’hui, donc, ce sont ceux qui ont cru qui rient des infidèles », « sur les divans, ils regardent ».5
Pourquoi c'est important
Al-Mutaffifin relie les plus grands thèmes — résurrection, jugement, livre éternel — à l'honnêteté de la balance d'un commerçant. Son propos est que la malhonnêteté petite et routinière découle de l'oubli qu'on se tiendra devant Allah, et que le péché laissé sans frein « couvre » le cœur. Son appel à « entrer en compétition » pour ce qui dure redirige l'élan du gain vers l'au-delà. Pour lire Al-Mutaffifin en arabe avec des traductions et la récitation, ouvrez-la sur Quran.com.