Réponse courte. Le hijab est une forme d'une pudeur que le Coran demande aux hommes comme aux femmes. Pour la plupart des musulmanes qui le portent, c'est un choix et un acte de culte — non une cage. Et l'imposer à quiconque contredit la propre règle de la tradition selon laquelle la foi ne peut être contrainte.
D'où vient l'idée
Un foulard est le signe le plus visible de l'islam sur une personne, si bien qu'il porte une quantité énorme de sens pour les observateurs — souvent l'opposé de ce qu'il signifie pour la femme qui le porte. Des images de femmes contraintes de se couvrir dans une poignée d'États sont relues à rebours sur chaque tête couverte, jusqu'à ce que le tissu lui-même paraisse un symbole de contrôle. La question honnête est ce que le hijab demande réellement, à qui, et selon quels termes.
La pudeur est d'abord commandée aux hommes
Le passage central du Coran sur la conduite pudique s'ouvre non par les femmes mais par les hommes. L'ordre de baisser le regard et de se garder est donné aux hommes d'abord, et ensuite seulement, dans le verset suivant, aux femmes :
« Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté. C'est plus pur pour eux. Allah est, certes, Parfaitement Informé de ce qu'ils font. »
— Quran 24:30 (Muhammad Hamidullah)1
« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté… et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines et ne montrent leurs atours… »
— Quran 24:31 (Muhammad Hamidullah)2
Lus dans l'ordre, les versets cadrent la pudeur comme une discipline partagée du cœur et des yeux — une responsabilité placée sur les hommes avant de jamais l'être sur les femmes. Le voile décrit pour les femmes est une part de cette éthique plus large, non son entier. Un verset apparenté présente le vêtement extérieur comme un moyen d'être reconnue et laissée sans être offensée en public :
« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront ainsi d'être offensées. »
— Quran 33:59 (Muhammad Hamidullah)3
Ce que cela signifie pour les femmes qui le portent
Demandez aux musulmanes qui se couvrent pourquoi elles le font, et les raisons données sont rarement celles que présument les observateurs extérieurs. Pour beaucoup, c'est un acte de culte — obéissance à Dieu offerte librement. Pour beaucoup, c'est une affirmation d'identité et de dignité : une manière d'être présente en public selon ses propres termes, valorisée pour ce qu'on est plutôt que pour son apparence. Le foulard peut être une affirmation de soi aussi facilement qu'un abandon de soi.567 Rien de tout cela n'efface que certaines femmes se couvrent bien sous pression — mais c'est une description de la coercition, non du hijab, et les deux ne doivent pas être confondus.
La coercition va à l'encontre de la tradition elle-même
Si le hijab est un culte, alors le forcer défait son propre but, car l'islam tient qu'un acte de foi ne signifie rien s'il n'est pas librement choisi. Ce n'est pas une apologie moderne ; c'est un premier principe du Coran :
« Nulle contrainte en religion !… »
— Quran 2:256 (Muhammad Hamidullah)4
Un voile imposé par l'État ou par une famille est un voile vidé de la dévotion même qui lui donne sa valeur. Les savants traitent donc la coercition en matière de culte comme une violation de la propre logique de la tradition, non comme son application.85 Le tort de forcer une femme à se couvrir — et le tort de la forcer à se découvrir — sont, dans cette optique, le même tort.
Un commandement, de nombreuses pratiques
Il n'existe pas non plus de « tenue islamique » unique. À travers le monde musulman, la pratique va du voile intégral du visage à un foulard drapé lâchement jusqu'à l'absence de tout voile, et les attitudes sur ce qui est approprié diffèrent nettement d'un pays et d'une communauté à l'autre — et souvent au sein d'une même famille.75 Une grande part de ce qui est étiqueté tenue « islamique » est en fait une coutume régionale portée aux côtés de la foi. Présenter un seul style comme la règle, que ce soit pour le louer ou l'attaquer, aplatit une réalité authentiquement variée.
En résumé
Le hijab appartient à une pudeur que le Coran demande à tous, hommes compris ; pour la plupart de celles qui le portent, c'est un acte librement choisi de culte et d'identité, non une marque de soumission. Le contraindre contredit le principe que la foi ne peut être forcée — et la grande diversité de pratique à travers le monde musulman montre qu'il n'y eut jamais un code uniforme unique à imposer. Pour la question plus large du statut des femmes, voir L'islam opprime-t-il les femmes ?.